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Le Cabinet d’arts graphiques du Musée d’art et d’histoire de Genève : une collection remarquable aux portes de la Suisse

May 23, 2019

Trop peu connu en dehors des frontières helvétiques, le Cabinet d’arts graphiques du Musée d’art et d’histoire de Genève est une création récente. Né lors de la célébration du centenaire du musée en 2010, il réunit les œuvres du Cabinet des estampes et du Cabinet des dessins, et constitue aujourd’hui la collection la plus importante de l’institution, avec près de 370 000 objets. 

 

Logé dans l’ancien hôtel Diodati-Plantamour, le Cabinet est composé d’une salle de consultation accessible sur rendez-vous, des bureaux du personnel de la conservation et d’ateliers de restauration et encadrement dédiés aux œuvres sur papier. L’ensemble du fonds se trouve quant à lui conservé dans les nouvelles réserves patrimoniales de la ville de Genève, et s’assure ainsi des meilleures conditions de préservation.

 

Cabinet d’arts graphiques du Musée d’art et d’histoire de Genève,

Promenade du Pin 5, © R. Gindroz.

 

 

La collection de dessins rassemble d’abord la production de maîtres locaux, dont la renommée a pour certains dépassé les frontières nationales. Ainsi, le musée détient la première collection d’œuvres de Jean-Etienne Liotard, portraitiste genevois célébré au XVIIIe siècle pour ses talents de miniaturiste et de pastelliste. Dessinateur délicat, Liotard a autant su rendre le prestige des cours européennes que la vérité des costumes des habitants du Proche-Orient. 

 

Jean-Etienne Liotard, Dame pensive sur un sofa, 1749, pastel sur parchemin, 235 x 190 mm, dépôt de la Fondation Gottfried Keller, Office fédéral de la culture, Berne, 1930, inv. 1930-0002, © CdAG, Musée d’art et d’histoire Genève,photo : Bettina Jacot-Descombes.

 

 

Les Lumières sont également représentées par Jean-Pierre Saint-Ours, peintre d’histoire né à Genève en 1752. Elève de Joseph-Marie Vien et lauréat du Prix de Rome de 1780, il fait partie des plus fameux représentants du néoclassicisme et bénéficie depuis peu d’un catalogue raisonné, publié en ligne par le musée.

 

Jean-Pierre Saint-Ours, La Mort de Socrate, vers 1781-1782, pierre noire, plume et pinceau, encre brune et noire, gouache blanche, lavis brun et blanc, rehauts de craie blanche sur papier préparé en beige, 303 x 492 mm, inv. BA 2003-0010-D. © CdAG, Musée d’art et d’histoire Genève, photo: André Longchamps.

 

Parmi les artistes suisses les plus connus présents dans les collections, figurent aussi le sculpteur James Pradier, le dessinateur Rodolphe Töpffer considéré comme  le  fondateur et premier théoricien de la bande dessinée, le peintre et graveur lausannois Félix Vallotton, ainsi que le célèbre artiste symboliste Ferdinand Hodler, à qui le musée a rendu hommage en 2018 à l’occasion du centenaire de sa disparition par une série d’expositions, présentant notamment ses nombreux carnets de croquis conservés au Cabinet d’arts graphiques.

 

À gauche : Rodolphe Töpffer, Histoire de Mr Vieux Bois, 1827, plume et encre brune sur papier  jauni ; reluire de maroquin rouge, filet doré à chaud, 185 x 300 x 20 mm, inv BA 2003-0005-D © CdAG, Musée d’art et d’histoire Genève, photo : Bettina Jacot-Descombes.

À droite : Ferdinand Hodler, Valentine Godé Darel mourante, 1915, fusain, gouache, huile et graphite sur papier beige, 330 x 482 mm, 1939-0039 © CdAG, Musée d’art et d’histoire Genève, photo : Yves Siza.

 

 

Le goût et la curiosité des différents collectionneurs et artistes ayant donné leurs œuvres au Cabinet d’arts graphiques a aussi permis d’enrichir le fonds par des feuilles appartenant aux écoles étrangères. En premier lieu, l’histoire du dessin français peut être évoquée par des artistes particulièrement talentueux, tels que Claude Lorrain avec un Paysage pastoral à la plume et au lavis brun sur un tracé de pierre noire, actuellement présenté dans l’exposition consacrée à l’artiste. Le XVIIIe siècle est particulièrement bien représenté, par exemple avec des sanguines d’Antoine Watteau et de François Boucher, mais surtout grâce à une abondante collection de pastels, dont six œuvres de Maurice Quentin de La Tour.

 

 

À gauche : François Boucher, Etude de nu féminin vu de dos, vers 1732-1734, sanguine et craie blanche sur papier préparé beige, 289 x 190 mm, inv. Bou (2) © CdAG, Musée d’art et d’histoire Genève, photo: Flora Bevilacqua.

À droite : Maurice Quentin de La Tour, Jeune noir rattachant le bouton de sa chemise, 1741, pastel sur papier gris-bleuté, 650 x 530 mm, inv.1917-0028 © CdAG, Musée d’art et d’histoire Genève, photo Yves Siza. 

 

 

Véritable point fort du cabinet d’arts graphiques, le fonds de pastels traduit le succès de cette technique en Europe et comprend notamment un portrait de la pastelliste vénitienne Rosalba Carriera. L’école italienne ne se trouve donc pas en reste, tout comme les écoles du Nord. En effet, certains dessins hollandais ou flamands de la collection se distinguent par une grande habileté technique, tel qu’un paysage du peintre anversois Paul Bril. 

 

À gauche : Rosalba Carriera, Portrait de Felicita Sartori en costume turc, avant 1740, pastel sur papier, 640 x 525 mm, dépôt de la Fondation Jean-Louis Prevost, inv. BA 2004-0003-D© CdAG, Musée d’art et d’histoire Genève, photo : Bettina Jacot-Descombes.

À droite : Paul Bril, Paysage montagneux, 1609 (ou 1603 ?), plume et encre brune, lavis gris et brun sur papier crème, inv. 1912-529 © CdAG, Musée d’art et d’histoire Genève, photo : Bettina Jacot-Descombes.

 

 

Enfin, l’exceptionnel fonds de gravures, issu de l’ancien Cabinet des estampes fondé dès 1886 par les autorités genevoises, donne au Cabinet une envergure internationale. La diversité des techniques, des provenances et des époques représentées en fait l’une des plus grandes collections d’estampes de l’espace francophone. Elle dispose d’importants fonds monographiques, comme ceux de Marcantonio Raimondi, Jacques Callot, William Hogarth, Giovanni Battista Piranesi, ou Jean-Baptiste Camille Corot. Le Cabinet possède en outre plusieurs ensembles qui permettent de découvrir les spécificités de certaines écoles et mouvements, comme le maniérisme nordique ou la gravure vénitienne du XVIIIe siècle. Il dispose aussi d’un fonds de référence pour des artistes modernes et contemporains, notamment Félix Vallotton, Hans Hartung, Georg Baselitz et Martin Disler.

 

 

 

Le complément de Bella Maniera :

La riche programmation du musée est accessible ici.

 

Malgré son jeune âge, Anne Drouglazet est une ancienne adhérente de l'association. Nous l'avons rencontrée lors de ses études de premier cycle à l’Ecole du Louvre en suivant la spécialité histoire du dessin, alors dirigée par Louis-Antoine Prat. Après une année consacrée à la muséologie à l’Université de Neuchâtel en Suisse, elle a poursuivi son Master 2 à l’Ecole du Louvre avec un mémoire de recherche dédié au peintre et dessinateur français Anicet-Charles-Gabriel Lemonnier (1743-1824).

Elle approfondit aujourd’hui sa connaissance des institutions muséales par une Maîtrise d’études avancées en conservation du patrimoine et muséologie à l’Université de Genève. Plusieurs stages montrent sa passion pour le dessins : au département des dessins italiens du Musée du Louvre, au Musée des Beaux-Arts de Rouen, à la Fondation Custodia à Paris et actuellement au Cabinet d’arts graphiques du Musée d’art et d’histoire de Genève.

 

Nous lui adressons tous nos voeux de réussite et espérons la retrouver à Paris !

 

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