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L'art du dessin au musée des Beaux-Arts de Rouen

February 18, 2019

Le 1er février se déroulait notre première visite de l’année 2019 au musée des Beaux-Arts de Rouen.

 

En compagnie de Diederik Bakhüys, conservateur en charge des dessins et des peintures au musée et commissaire de l’exposition L’art du dessin, nous avons eu la chance d’admirer une collection exceptionnelle.

 

Nous vous laissons découvrir nos coups de cœur !

 

Sarah Catala s’est particulièrement intéressée au dessin d’Ambroise Dubois (1543-1614/1615). Cette jolie feuille est préparatoire à l’une des quinze peintures réalisées dans le salon Louis XIII du château de Fontainebleau. Elle fait référence à l’Histoire des amours de Théagène et Chariclée, contée au IVe siècle avant J.-C. dans les Éthiopiques de Héliodore. Cette histoire, très à la mode au XVIe siècle, est particulièrement intéressante pour son lien avec la culture nordique. Le musée de Rouen conserve une série de dessins très achevés qui se rapporte à ce sujet.

 

Ambroise Dubois, Le Songe de Calasiris, pierre noire, plume et encres noire et brune, lavis d'encres noire et brune, Rouen, Musée des Beaux-Arts.

 

Joëlle Vaissiere a manifesté sa préférence pour les vignettes de Jean de Saint-Igny (1595/1600- après 1649). Elles appartiennent à un recueil de dessins démembré et ont pu être attribuées à l’artiste grâce à des sources écrites qui les retracent. Ces études, réalisées pour certaines à la pointe métallique, sont sûrement destinées à la gravure. Les études du corps humain font référence à l’ouvrage de Saint-Igny Élémens de pourtraiture ou la Méthode de représenter et pourtraiturer toutes les parties du corps humain paru en 1630.

 

Jean de Saint-Igny, Études diverses collées sur les pages numérotées d'un livre de comptes, pierre noire, plume et encre noire et brune, lavis d'encre brune, traces de sanguine, Rouen, Musée des Beaux-Arts. 

 

L’une des œuvres phare de l’exposition, très appréciée durant la visite, a été le pastel de Joseph Vivien (1657-1734). Le modèle est Samuel Bernard (1651-1739), le puissant banquier de Louis XIV. Il est représenté de trois quarts – comme sur la plupart des portraits réalisés par Vivien – son regard est tourné vers le spectateur. Les plis du manteau de velours violets sont illustrés avec profondeur et détail.

 

 Joseph Vivien, Portrait de Samuel Bernard, pastel, Rouen, Musée des Beaux-Arts. © Musées de la ville de Rouen 

 

Parallèlement à la rétrospective Jean-Jacques Lequeu, bâtisseur de fantasmes que le musée du Petit Palais abrite jusqu’au 31 mars 2019, le musée de Rouen expose quelques oeuvres inédites de l’artiste. L’aspect fantastique de sa création est présent dans ce dessin qui illustre des Petis chat-huants de Cayenne. Cet animal, qui n’est pas identifié aujourd’hui, est cité pour la première fois dans l’Histoire naturelle des oiseaux de Buffon, à la fin du XVIIIe siècle. Il est dessiné ici comme étant une créature étrange presque effrayante.

 

Jean-Jacques Lequeu, Têtes de petis chat-huants de Cayenne, plume et encres noire et brune appliquées à la pointe du pinceau et lavis d'encre brune, Paris, Bnf, Estampes RESERVE HA-80 (C.8)-FOL.

 

Enfin, dans le cabinet des dessins, nous avons eu la chance de voir des oeuvres de Jacques de Gheyn II (1565-1629), d’Abraham Bloemaert (1566-1651), d’Antoine Watteau (1684-1721), de François Lemoyne (1688-1737), de Gabriel de Saint-Aubin (1724-1780), de Hubert Robert (1733-1808) ou encore de Pierre Paul Prud’hon (1758-1823).

 

Antoine Watteau, Étude de têtes et de mains, sanguine, pierre noire et craie blanche, traces de mine de plomb, Rouen, Musée des Beaux-Arts.  

 

Parmi tous les dessins que nous avons tenus dans nos mains et autour desquels nous avons pu discuter, les feuilles d'Antoine Watteau ont assurément été les plus appréciées. L’un de ses dessins représente Cinq têtes d’homme, une tête d’enfant, deux mains tenant une flûte et une ébauche d’un visage. L'artiste agence ici des motifs disparates. Les caractères physionomiques des visages expressifs sont dessinés avec l’élégance que nous connaissons de Watteau.

 

Pour continuer le Forum Bella Maniera !

 

La Vue de la ville et du château de Beaucaire commentée par Élodie Vaysse, lors du Forum Bella Maniera 2018, nous a de nouveau été présentée par Diederik Bakhüys. Le dessin a depuis été l’objet de nouvelles réflexions. Nous savons, à présent, qu’il a été réalisé par un artiste nordique de passage en France.

 

Pour information !

 

 

Le catalogue est en cours de publication :

 

Diederik Bakhuÿs, L’œil et la main: chefs-d’œuvre du dessin français des XVIe et XVIIe siècles, Rouen, Lienard/Réunion des Musées Métropolitaines, 2019.

 

 

 

 

Merci !

 

Nous remercions Diederik Bakhuÿs pour son chaleureux accueil, ses explications détaillées et pour nous avoir permis d’observer les dessins d’aussi près.

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